On vit alors La Violette, qui avait emprunté une hache à un sapeur, se baisser, raser la muraille, gravir en rampant les pentes gazonnées, s’approcher des poutres; puis, parvenu au-dessous des cordes, se redresser, en développant sa grande taille, attaquer avec vigueur du tranchant de sa hache les supports des poutres qui bientôt tombaient dans le fossé vide, sans blesser personne...
A cette chute, Lefebvre brandissant son sabre, cria:
—Grenadiers en avant!... Dantzig est à nous!...
Et il s’élança le premier vers le talus.
Ce fut une poussée, un torrent, une cataracte d’hommes, une cohue furieuse dévalant, roulant, se ruant au rempart, grimpant, se hissant, escaladant, criant, tout cela sans tirer un coup de fusil...
Le fameux trou que Lefebvre réclamait vainement aux ingénieurs, était fait cette fois par les grenadiers d’Oudinot et les voltigeurs de Lannes.
Parvenus sur la crête, les assaillants firent un feu de mousqueterie auquel répondit le canon de la place, mais rien ne pouvait plus arrêter les Français victorieux...
Ce fut alors que le maréchal Kalkreuth, épouvanté, jugeant toute résistance impossible, demanda au colonel Lacoste à capituler. Il était huit heures du soir.
Le feu aussitôt cessa, tandis qu’on attendait le maréchal Lefebvre pour traiter des conditions de la reddition.
Le maréchal consentit à une suspension d’armes, se réservant d’avertir Napoléon de la prise de Dantzig et des conditions de la capitulation.