Maître Despréaux, interrompant le léger entrechat qu’il s’efforçait de démontrer à son élève réfractaire, s’avança, et, ployant le jarret, demanda:

—Monsieur le maréchal, l’Empereur serait-il mort?

Pour toute réponse Lefebvre détacha un vigoureux coup de pied qui atteignit le maître à danser dans la région inférieure du dos et le fit pirouetter d’une façon non prévue par les règles de l’art chorégraphique.

Despréaux se redressa sous le choc et, saluant de la meilleure grâce, dit:

—Monsieur le maréchal a parlé?...

—Voyons, Lefebvre, calme-toi... Dis-nous ce qui arrive... Despréaux te demande si l’Empereur est mort... Ça n’est pas possible...

—Non!... Ça n’est pas possible... l’Empereur n’est pas mort... il ne peut pas mourir, il ne mourra jamais l’Empereur!... Il s’agit d’autre chose... Catherine... nous partons!

—Où ça, mon homme?... je veux dire monsieur le maréchal! fit Catherine se reprenant, et jetant un coup d’œil ironique du côté de Despréaux interdit.

—Je ne sais pas où nous allons... mais il faut absolument que nous y soyons... et promptement!... Je crois que c’est à Berlin...

—C’est loin, Berlin? demanda naïvement Catherine, qui n’était pas très diplômée en géographie.