D’abord, lors de la crise du retour d’Egypte, quand Bonaparte avait été informé des fredaines de sa volage créole.
Puis à l’époque du mariage religieux et du sacre; enfin au moment du départ pour la campagne d’Allemagne.
Fouché, l’un des plus ardents conseillers du divorce, avait cherché, sondé, tâté le terrain.
Mais toujours Joséphine, après une entrevue nocturne avec son mari, reprenait l’avantage.
Plus épris que jamais, il descendait, son bougeoir à la main, la tête coiffée du madras, par l’escalier dérobé mettant en communication son appartement avec la chambre de Joséphine et la réconciliation s’opérait sur l’oreiller.
Sur ce champ de bataille-là, le vainqueur de l’Europe était toujours vaincu.
Cette vieille femme, avec ses chatteries, ses félineries, son ancien ascendant, l’asservissait pour quelques heures. Elle le tenait, et solidement, par les sens. Il l’avait, comme on dit familièrement, dans le sang.
Les infidélités qu’il lui fit ne furent jamais sérieuses jusqu’à l’époque où nous sommes arrivés.
On sait à peu près la nomenclature exacte des maîtresses de Napoléon. La duchesse d’Abrantès, mademoiselle d’Avrillon, Constant, Bourienne, Fain, d’autres encore, en laissant de côté les auteurs faméliques de mémoires apocryphes et de libelles royalistes, nous ont donné le tableau complet des amours de Bonaparte et de l’Empereur. Tout dernièrement, M. Frédéric Masson, dans un livre très documenté, fort intéressant et impartial, a résumé l’histoire anecdotique des maîtresses impériales. Aucune de ces aimables personnes n’eut pourtant d’influence véritable sur la décision de Napoléon.
On sait peu de chose sur ses liaisons d’officier: pauvre, laborieux, fier et pas avenant, il est peu probable qu’à Valence ou à Auxonne ses aventures amoureuses aient été plus suivies, plus durables qu’une partie de courte débauche, la passade d’une soirée.