Celui-ci vint bientôt. Il portait son costume ordinaire de colonel de chasseurs et semblait sourire avec malice en regardant le coussin, la couronne et l’épée.
Il demeura debout et dit avec solennité à Duroc:
—Veuillez inviter notre cher et bien-aimé maréchal Lefebvre à s’approcher.
Duroc fit un salut et se tourna vers Lefebvre qui, aussitôt, se dirigea vers Napoléon.
Machinalement il avançait la main, pensant que l’Empereur allait, pour le féliciter publiquement de la prise de Dantzig, lui donner devant tous une accolade fraternelle.
Mais Napoléon reprit:
—Grand-maréchal, veuillez inviter M. le duc de Dantzig à ployer le genou pour recevoir l’investiture!...
Lefebvre, à ce titre inconnu de duc de Dantzig, s’était retourné comme si l’Empereur se fût adressé à quelqu’un d’autre derrière lui, un fonctionnaire prussien, un fonctionnaire russe, car il n’y avait, parmi les Français, ni duc ni duché.
Duroc se pencha vers lui, murmurant:
—Agenouille-toi!...