Et comme il riait de franc cœur, il aperçut dans l’état-major de Lannes un jeune officier, appartenant à une ancienne famille noble, qui le regardait avec un sourire moqueur.
Il alla droit à lui et l’apostropha ainsi:
—Vous me raillez, monsieur, parce que je porte un titre que je dois à moi-même, tandis que vous, c’est le hasard de la naissance qui vous a fait comte! Riez, monsieur le vaniteux, parlez fièrement de vos aïeux... Chacun de nous a son orgueil: Vous êtes un descendant, vous; moi, je suis un ancêtre!...
Et, tournant le dos à l’ancien noble interdit, Lefebvre dit à Duroc:
—Mon cher maréchal, quand donc l’Empereur donnera-t-il le signal de se mettre à table?
—Vous avez faim, Lefebvre?
—Non!... Mais plus vite l’Empereur nous fera dîner, plus vite nous serons libres... Et j’ai une furieuse envie d’être le premier à embrasser et à féliciter madame la duchesse de Dantzig.
FIN DE LA TROISIÈME PARTIE