[I]
CHEZ L’IMPÉRATRICE
On attendait l’Empereur.
Victorieux, maître de l’Europe, ayant imposé son amitié à la Russie et sa volonté à la Prusse, Napoléon allait, pour peu de temps, rentrer en triomphateur dans Paris.
Selon ses ordres, Joséphine avait dû donner des réceptions, inviter des personnages diplomatiques, tenir rang de souveraine.
Une soirée avait été organisée aux Tuileries en l’honneur de la nouvelle duchesse de Dantzig.
Tout le petit grand monde, vivant et intrigant autour de Joséphine, se préoccupait de cette réception.
On se demandait, avec ironie, comment la duchesse récente tiendrait son rang.
Les mauvaises langues se donnaient du jeu. On rappelait, avec des rires mal étouffés, que la maréchale avait jadis été blanchisseuse.
Beaucoup de ces femmes venimeuses étaient d’extraction humble et plus d’une avait dans son passé des aventures louches et des anecdotes scandaleuses.
La bonne Catherine, elle, jouissait d’une réputation sans tache.