Il l’avait fait duc, il voulait le faire riche.
A table, en tiers avec Berthier, il lui dit brusquement:
—Aimez-vous le chocolat, monsieur le duc?
—Mais oui... sire!... j’aime le chocolat si vous le voulez, j’aime tout ce que vous aimez, moi!...
—Eh bien! je vais vous en donner une livre... c’est du chocolat de Dantzig... il est juste que vous goûtiez des produits de cette ville, puisque vous l’avez conquise...
Lefebvre s’était incliné, gardant le silence. Il ne comprenait pas toujours très bien ce que l’Empereur lui disait. Il craignait souvent de répondre une bêtise. Alors, il se taisait et attendait.
Napoléon s’était levé. Il avait pris sur une petite table une cassette, d’où il sortit un paquet long ayant à peu près la forme d’une livre de chocolat enveloppé.
Il le donna au maréchal en disant:
—Duc de Dantzig, acceptez ce chocolat. Les petits cadeaux entretiennent l’amitié.
Lefebvre prit sans façon le paquet, le fourra dans la poche de son uniforme et se rassit à table en disant: