—Sire, je vous remercie, je donnerai ce chocolat-là à l’hôpital... c’est excellent, paraît-il, pour les malades...
—Non! fit l’Empereur en souriant, gardez-le pour vous... je vous en prie!...
Lefebvre salua et grommela:
—Drôle d’idée qu’a l’Empereur de me fourrer du chocolat comme à une petite maîtresse!...
Le déjeuner se poursuivait.
Un pâté représentant la ville de Dantzig, chef-d’œuvre du cuisinier impérial, fut servi.
L’Empereur, avant de l’entamer, s’arrêta et dit:
—On ne pouvait donner à ce pâté une forme qui me plût davantage! A vous le signal d’attaquer, monsieur le duc, voilà votre conquête... à vous d’en faire les honneurs!
Et il passa le couteau à Lefebvre qui découpa le pâté auquel les trois convives donnèrent un vigoureux coup de dent.
Le maréchal rentra chez lui enchanté de l’amabilité de son souverain.