Caroline montrait, sous l’éventail, un billet écrit par la maréchale à Leroy, le costumier de la cour, procuré à prix d’or, et où se lisait cette rédaction singulière: «Veuillez, M. Leroy, ne pas manquer de m’apporter demain ma robe de catin...»

Elisa racontait que la duchesse se présentant chez elle, en compagnie de la maréchale Lannes, avait dit à l’huissier:

«Annoncez la maréchale Lefebvre et la celle à Lannes.»

Une autre anecdote plus croustilleuse était même encore à l’actif de la pauvre Catherine, devenue le plastron de toutes ces pimbêches couronnées.

Un jour, un diamant assez beau, qu’elle gardait dans un écrin, disparut. La maréchale s’aperçut assez promptement de cette perte. Elle soupçonna un frotteur qui, seul, avait pu s’introduire dans la chambre où était le bijou.

Le chevalier de l’encaustique niait énergiquement.—Qu’on le fouille! dit un agent de police que les domestiques, craignant d’être soupçonnés, avaient été quérir.

L’homme fut l’objet d’une perquisition en règle. On le déshabilla même. Rien ne fut trouvé.

—Mes enfants, vous n’y connaissez rien! dit la maréchale qui assistait à la fouille... Si vous aviez, comme moi, vu à l’œuvre Saint-Just, Lebas, Prieur et les autres commissaires de la Convention aux armées, qui à chaque instant faisaient fouiller des soldats, des sergents, des colonels aussi, qui chapardaient chez l’habitant, vous sauriez qu’il y a d’autres cachettes pour les filous que les poches, les bas ou les chapeaux... Laissez-moi faire!

Alors, avec un sans-façon qui eût été plaisant sans la gravité de l’affaire pour le voleur, la maréchale explora l’individu mis à nu devant elle et retira le diamant caché dans une cavité intime, que l’agent n’avait pas jugé à propos de sonder.

L’aventure fit du bruit, et les bonnes âmes de la cour ne se tenaient pas de rire, quand sur leurs instances hypocrites, naïvement, la maréchale narrait les détails de son exploration.