Fouché s’était rapproché de Catherine.

—Vous avez eu la langue un peu vive, madame la duchesse, dit-il, avec son sourire effacé d’ancien oratorien... J’avais cependant prodigué les avertissements... sur ma tabatière... mais vous étiez partie, rien ne vous arrêtait...

—Rassurez-vous, monsieur Fouché, dit avec calme Catherine, je raconterai tout à l’Empereur, et quand il saura comment les choses se sont passées, l’Empereur m’approuvera!...

[III]
L’ALLIANCE RUSSE

La France, le 22 juin 1807, était victorieuse partout.

Lefebvre avait pris Dantzig; le 14 juin, Napoléon avait battu l’armée russe à Friedland et Soult s’était emparé de Kœnigsberg.

Le 14 juin était un anniversaire glorieux, et Napoléon, superstitieux, livra avec confiance la bataille ce jour, qui était celui de la date de Marengo.

L’armée russe tout entière, commandée par le général Benningsen, marchait sur la ville de Friedland pour couvrir Kœnigsberg menacé.

La rivière l’Alle serpente autour de Friedland. Plusieurs ponts existaient sur ce cours d’eau.

Le maréchal Lannes, avec 10,000 hommes comprenant les grenadiers et les voltigeurs d’Oudinot, avec des hussards, des dragons, sous les ordres de Grouchy, vint barrer le chemin à l’armée russe.