—L’officialité contestera...
—Il n’y a pas eu consentement... je n’étais pas libre... ce simulacre de mariage religieux ne peut être un obstacle... en tous cas, il est trop tard pour soulever cette objection... les juges ecclésiastiques et le conseil d’Etat examineront le cas... Cambacérès, je vous ai fait venir pour vous prier de préparer l’Impératrice à un grave entretien avec moi sur un sujet que vous lui ferez pressentir...
Cambacérès s’inclina et prenant congé de l’Empereur, murmura:
—Il n’a rien voulu entendre... son projet est arrêté... il va se brouiller avec la Russie... et nous aurons l’alliance autrichienne... c’est-à-dire toute l’Europe sur les bras avant trois ans!... Pauvre Empereur!... Pauvre France!...
Et Cambacérès, en poussant un gros soupir et en remuant douloureusement les épaules, se rendit chez Joséphine.
[V]
LE DIVORCE
Depuis longtemps Joséphine s’attendait au coup qui devait la frapper si terriblement.
Elle avait eu beau se faire délivrer par le cardinal Fesch un certificat de son mariage religieux, elle comptait davantage sur l’affection si vraie, si fidèle de Napoléon, que sur les titres authentiques, pour maintenir son rang d’épouse.
Mais depuis la belle Polonaise et l’intimité de Schœnbrunn, était-elle sûre d’avoir conservé le cœur de Napoléon?
Prévenue par l’archichancelier, Joséphine se présenta, tremblante, des larmes prêtes à jaillir de ses beaux yeux langoureux.