L’idée de ce mariage, la pensée de cette jeune fille qui allait devenir sa femme, le préoccupaient; de là ses coups d’œil aux miroirs et le changement qui se produisait dans ses manières.

La première modification que la proximité du mariage amena dans ses habitudes fut le soin tout nouveau apporté à son costume.

Napoléon, la nuit, couchait avec un foulard noué sur le front, coiffure peu majestueuse et dont la vieille Joséphine pouvait supporter le ridicule, étant accoutumée à voir ainsi son mari, mais qui peut-être lui nuirait dans l’esprit de la jeune Marie-Louise. Il renonça donc à cette couronne nocturne et résolut de s’habituer à coucher tête nue.

Il conserva ses habitudes de bain quotidien. Il lisait ses dépêches dans sa baignoire et au sortir du bain se faisait masser, brasser et arroser d’eau de Cologne. Il se rasait lui-même devant un miroir que tenait Roustan, le fidèle mameluck. Il portait des caleçons de toile, des bas de soie blancs, une culotte de casimir blanc. Il n’a jamais porté d’autre costume avec son uniforme de colonel de chasseurs.

Cependant, en vue de plaire à Marie-Louise, il fit venir le tailleur de Murat et se commanda un habit fastueux, comme en arborait le roi de Naples, très charlatan, très empanaché. L’habit, d’ailleurs, ne lui plut pas et il ne voulut pas le conserver.

En vain Léger, le tailleur du roi de Naples, offre de changer, de retoucher, il ne peut supporter ce magnifique et trop somptueux habit et en fait cadeau à son beau-frère, enchanté des broderies qui le surchargent.

Mais il ôte ses bottes toujours éperonnées et se fait faire de mignons souliers par un cordonnier pour dames; il mande l’incomparable Despréaux et lui ordonne de lui apprendre la valse.

Il veut ouvrir le bal avec Marie-Louise, le jour de la grande fête du mariage, et, avec une princesse allemande, la valse est de rigueur.

En même temps, il parcourt les Tuileries avec la fièvre qu’il met à chevaucher sur un champ de bataille.

Il fait enlever les tentures, décrocher les tableaux, changer les ameublements, renouveler les ornements. Il ne faut pas que rien rappelle à la nouvelle Impératrice le séjour de l’ancienne.