Pour cent mille francs aussi de dentelles en point d’Angleterre, et pour cent vingt-six mille francs de robes payées à Leroy.
Plus toutes sortes de parures, de colifichets, de rubans, de passementeries, dont Napoléon avait garni de vastes corbeilles.
Les bijoux étaient merveilleux et comme jamais reine n’en avait eus.
Le portrait de l’Empereur, entouré de diamants, valait six cent mille francs. Un collier de neuf cent mille francs, plus beau que le fameux Collier de la Reine, deux pendeloques de quatre cent mille francs et des parures d’émeraudes, des turquoises ajustées avec des brillants, tels étaient les somptueux présents de noces faits par l’Empereur, auxquels s’ajoutait la parure de diamants offerte par le Trésor de la Couronne, et qui valait plus de trois millions trois cent mille francs.
Il était, en outre, alloué à l’Impératrice, pour ses dépenses personnelles, 30,000 francs par mois,—mille francs par jour!
Napoléon était pleinement heureux en faisant admirer à son vieux compagnon de gloire toutes ces parures, toutes ces richesses qui témoignaient de l’ardeur avec laquelle il attendait sa jeune épouse.
—Hein!... elle sera heureuse, l’Impératrice! dit-il à Lefebvre en terminant la visite.
—Oui, sire, d’autant plus que l’archiduchesse passe pour vivre fort chichement à la cour de son père... Elle n’a que des bijoux de la plus grande simplicité, et toutes ses robes réunies valent à peine le prix d’une de ces chemises-là... Dame! vos victoires ont réduit l’empereur François à la portion congrue... ça va la changer, l’archiduchesse!... Cependant, à sa place, tous ces diamants, toutes ces dentelles, toutes ces parures de prix me paraîtraient peu de chose à côté de la gloire d’être la femme de l’empereur Napoléon!...
—Flatteur!... dit l’Empereur gaiement, pinçant l’oreille du maréchal.
—Je le dis comme je le pense, sire... vous savez, moi, je suis comme ma femme, un peu sans-gêne!