Ce majestueux cérémonial fut bouleversé par la passionnelle frénésie de Napoléon.
L’amoureux l’emporta sur le souverain.
Il fit une escapade vraiment inattendue.
Dès qu’il reçut la nouvelle que l’Impératrice était partie de Vitry pour Soissons, il n’y put tenir: il sauta dans une calèche avec Murat, et partit à fond de train au-devant de sa femme. Il voulait la surprendre incognito.
Il fit ainsi quinze lieues. Ce fut auprès du village nommé Courcelles qu’il croisa les voitures de l’archiduchesse.
Aussitôt il s’élança hors de sa calèche, fit arrêter l’équipage de Marie-Louise tout abasourdie, se nomma, renvoya sa sœur et Berthier, et seul, en tête-à-tête avec la jeune fille, l’accabla de caresses brutales qui produisirent chez celle-ci une vive surprise, un peu d’effroi, de la répulsion peut-être.
Il ordonna au postillon de presser les chevaux et de regagner Compiègne.
On brûla les relais et l’on passa devant la tente préparée pour l’entrevue solennelle, sans s’y arrêter, au grand ébahissement des officiers, des courtisans, des autorités locales et de la population venue de tous les pays à la ronde.
A dix heures du soir, le 28 mars, Napoléon et Marie-Louise arrivèrent au palais de Compiègne.
L’Impératrice devait y loger, mais seule. Un appartement avait été préparé pour Napoléon à l’hôtel de la Chancellerie.