Le lendemain matin, satisfait, la chair contente, l’esprit en repos et la physionomie radieuse, il se fit servir à déjeuner dans le lit même de Marie-Louise, nullement troublée, rose et calme comme d’habitude, au milieu de ses femmes.

Les dames du palais dissimulèrent les sentiments que leur faisait naître cette prise de possession à la hussarde.

Mais leur stupéfaction était si grande qu’elles ne remarquèrent même pas, dans l’antichambre de l’Impératrice, son écuyer allemand, le comte de Neipperg, qui pleurait de rage, écroulé sur un fauteuil.

[X]
NAPOLÉON JALOUX

Marie-Louise aima-t-elle jamais Napoléon?

Il est possible que dans les premiers mois de cette union, conclue par la cour d’Autriche comme une affaire, bâclée plutôt comme un armistice sous le feu de l’ennemi, cette jeune Allemande ait pris goût aux plaisirs du mariage et qu’elle ait ressenti quelque reconnaissance pour celui qui les lui faisait connaître.

Plus tard, non seulement elle oublia cette lune de miel, mais elle ne se fit aucun scrupule de confesser que Napoléon lui avait toujours été indifférent. Voici comment elle accueillit la nouvelle du dénouement fatal qui la faisait veuve de l’Empereur:

Un courrier lui apporta à Parme cette laconique dépêche de son père:

«Le général Bonaparte a succombé à Sainte-Hélène, le 5 mai 1821, à cinq heures quarante-cinq minutes du soir, aux suites d’une longue et douloureuse maladie. Je vous envoie, ma chère fille, mes affectueuses consolations. Le général Bonaparte est mort chrétiennement. Je joins mes prières aux vôtres pour le repos de son âme, et j’adresse à Dieu mes vœux pour qu’il conserve Votre Majesté sous sa sainte garde.

»François.»