Ces ombres mystérieuses disparaissaient une à une dans le hangar dont les grandes portes s’ouvraient et se refermaient sans bruit.

Vers huit heures, une dizaine d’hommes se trouvaient réunis dans cette vaste pièce, au centre de laquelle se dressait une chaise vide devant une petite table, éclairée par deux chandelles.

Les assistants s’entretenaient à voix basse; par moments, on se taisait, on écoutait les bruits qui venaient du dehors. Quelques-uns, s’approchant des vantaux de la porte, prêtaient l’oreille.

Une voix s’éleva tout à coup, dans le demi-silence des chuchotements.

—Citoyens, dit un homme jeune, portant l’uniforme de médecin-major de l’armée, le compagnon qui nous est annoncé, et dont la venue est certaine, ne se trouve pas encore parmi nous... Si vous voulez, nous commencerons la séance?... Nous avons des procès-verbaux à lire, des rapports à entendre...

—Oui, commençons sur-le-champ... Ouvre la séance, Marcel! répondit un des assistants, qui parut recueillir l’assentiment de tous.

Marcel, l’aide-major de Jemmapes, s’approcha de la table, tapa deux coups légers avec un coupe-papier et dit gravement:

—Philadelphes, la séance est ouverte!

Tous se rapprochèrent. Les manteaux écartés laissèrent voir quelques uniformes d’officiers.

Marcel dit en parcourant du regard son auditoire: