—Philadelphes, je vais faire l’appel nominal...

Et, prenant une feuille de papier, il lut rapidement les noms suivants: Florent-Guyot... Ricord... Baude... Blanchet... Gariot... Delavigne... Baudemont... Bournot... Jacquemont... Ricard... Liebaut... Gindre... Lemarc... Poilpré... Rigomard Bazin... Demaillot... Guillaume Louvigné... et Marcel...

—Présent! avait répondu chacun des assistants à l’appel de son nom.

Marcel prit alors un autre papier et lut: «Procès-verbal de la séance du premier jeudi d’août 1806.»

Pendant la lecture de cette pièce, jetons un coup d’œil sur les personnages ainsi rassemblés sous un hangar au fond d’une cour de la rue Bourg-l’Abbé, dans un but qui devait être grave, à en juger par les précautions que l’on avait prises pour s’introduire dans ce local discret.

Ce hangar était le lieu de réunion mensuelle des Philadelphes.

Cette société secrète avait été fondée par le colonel Joseph Oudet lequel portait le nom de Philopœmen. Plusieurs des conjurés s’appelaient de noms empruntés à l’antiquité, Caton, Spartacus, Thémistocle. Les Philadelphes poursuivaient, depuis le 18 Brumaire, le renversement du pouvoir consulaire d’abord, puis de l’empire.

La plupart des conspirateurs originaires étaient des républicains, mais les émigrés, les royalistes et les agents de l’Angleterre n’avaient pas tardé à pénétrer dans la société.

Les Philadelphes, en effet, se proposaient, pour atteindre leur but, d’assassiner Napoléon.

C’est dans le Jura que s’était d’abord formée l’association sous le titre de l’Alliance.