Il remarqua des traces fraîches de chevaux dans une allée, puis brusquement la piste s’effaçait... on voyait à l’herbe foulée que les cavaliers avaient quitté le sentier pour s’enfoncer sous bois...
—C’est singulier! se dit l’Empereur, pourquoi Louise s’est-elle écartée de la route... a-t-elle eu un accident?... les chevaux se sont-ils emportés?...
Inquiet, il pénétra à son tour sous la futaie, suivi de Roustan.
A peine avait-il fait quelque chemin, qu’il aperçut deux chevaux attachés à un arbre...
Il reconnut la monture de l’Impératrice...
Aussitôt il mit pied à terre, car les branches des arbres rapprochés en rendaient difficile le passage à un cheval, et après avoir jeté la bride à Roustan, il s’engagea seul dans l’épaisseur du bois.
Une clairière se trouvait à peu de distance, au milieu de laquelle un kiosque rustique avait été élevé,—abri des gardes ou des chasseurs surpris par la pluie.
Un bruit de voix s’échappait du kiosque.
Napoléon reconnut le timbre aigu de l’Impératrice auquel se mêlait le baryton d’un homme.
Les yeux de Napoléon prirent un éclat dur et une légère fébrilité se manifesta dans la main tenant la cravache.