Son pouls n’eut pas une pulsation de plus cependant. Napoléon était un être extraordinaire en tout, et la circulation du sang se faisait chez lui avec une régularité et une lenteur exceptionnelles. Corvisart, son médecin, affirmait qu’il n’était jamais parvenu, en l’auscultant, à entendre battre son cœur.

Mais ses colères, pour être exemptes de fièvre, n’en étaient pas moins terribles.

En une seconde, mille pensées irritantes, douloureuses, atroces, s’étaient bousculées dans son cerveau.

Le soupçon vague, le doute confus, se dessinaient et prenaient corps en son esprit troublé...

La jalousie s’insinuait, l’envahissait...

Au lieu de se modérer, d’attendre, de se rendre compte, car la conversation des hôtes du kiosque était tenue à voix assez haute pour être entendue par lui, il se précipita comme un furieux vers l’asile rustique, en disant à Neipperg, d’ailleurs debout, à distance très respectueuse de l’Impératrice assise:

—Que faites-vous ici, monsieur!... sortez!... l’Impératrice ne doit pas rester ainsi en tête à tête avec vous au fond des bois!...

Neipperg s’inclina, ne répondit rien et sortit.

L’Impératrice, sans se départir de sa grande tranquillité, dit en riant:

—Qu’as-tu donc, Napoléon, serais-tu jaloux?...