—L’Empereur est avec l’archichancelier et mes ordres portent de ne laisser entrer personne! dit le chambellan d’un ton raide.

—Mais cet ordre n’est pas pour moi, répondit le préfet, Sa Majesté vient de m’appeler.

—Monsieur, c’est impossible!

—Impossible? j’en ai donc menti?...

—Non! mais vous avez pu rêver... Qui aurait pu vous appeler, puisque je suis de service... et que je n’ai reçu ni transmis aucun ordre?...

—C’est quelqu’un qui se sert mieux lui-même qu’il n’est servi... c’est l’Empereur!...

M. de Rémusat grommelait quelques paroles assez vives, quand l’Empereur, ouvrant lui-même la porte de son cabinet, mit fin au quiproquo.

Napoléon semblait fort agité. Il allait et venait dans son cabinet. Sur son bureau, une grande feuille de papier était étalée, couverte de quelques lignes de son écriture, tout à fait illisibles.

Il s’arrêta brusquement devant le comte Dubois, et lui dit:

—Dubois, ce Fouché est un grand misérable!...