—Que projetez-vous? Quelle tentative audacieuse avez-vous rêvée en revenant...

—A voir une dernière entrevue avec Marie-Louise, je vous l’ai dit... lui remettre un objet qu’elle m’avait confié...

—Un gage d’amour...

—Oui... cette bague... dit Neipperg tirant de sa poche un petit écrin. Il l’ouvrit, en sortit la bague que Marie-Louise lui avait donnée avec la fleur du souvenir, le jour de son départ.

Il baisa à plusieurs reprises la bague, il la replaça dans l’écrin, et serra le tout avec effort en murmurant:

—Il faut que je me sépare de ce bijou qui m’était plus précieux que tous les trésors de la terre, plus cher que ma vie même. Il le faut, hélas!

—C’est pour remettre cet écrin à l’Impératrice que vous avez quitté l’Autriche, que vous êtes venu braver la colère de l’Empereur, justifier sa jalousie?...

—Pouvais-je faire autrement? Napoléon a su que l’Impératrice n’avait plus cette bague, par une indiscrétion de femme de chambre, sans doute.

—Ou par Fouché.

—Par Fouché peut-être. Marie-Louise a prétendu l’avoir égarée... Napoléon a exigé qu’elle fût cherchée, retrouvée. Un mot pressant de l’Impératrice m’est parvenu à Vienne. Aussitôt, je me suis mis en route. Ce soir, Marie-Louise aura sa bague, et les soupçons de son mari s’évanouiront.