—Mais si vous êtes surpris, quelle explication fournirez-vous?

—Aucune... j’espère ne pas être découvert...

—Qui vous aidera à pénétrer dans le palais?...

Neipperg hésita un instant et regarda Catherine avec fixité.

—Je n’ai qu’une amie... qu’une bonne et fidèle amie, en France: vous, ma chère duchesse... J’ai espéré que vous voudrez bien, en cette circonstance, être secourable pour moi, m’aider, me sauver peut-être... encore une fois!...

Catherine releva vivement la tête et dit avec énergie:

—Non!... ne comptez pas sur moi!...

—Catherine Lefebvre, souvenez-vous du 10 Août!... pourquoi m’avez-vous recueilli, protégé, arraché à la vengeance des gardes nationaux prêts à me fusiller!... Il fallait me laisser mourir, alors!...

—Nous ne sommes plus au 10 Août, mon cher comte, répondit avec dignité Catherine; je suis la maréchale Lefebvre, duchesse de Dantzig, je dois tout à l’Empereur... mon mari et son fidèle sujet, son compagnon de combats et de gloire, est maréchal de ses armées, duc de son empire; avec lui, il a parcouru tous les champs de bataille de l’Europe... Nous ne pouvons, le maréchal et moi, seconder dans ses projets un ennemi de l’Empereur, eût-il été notre ami, eussions-nous envers lui des obligations déjà anciennes de reconnaissance, et si vous vous souvenez du 10 Août, je n’ai pas oublié non plus la nuit de Jemmapes... Réfléchissez, monsieur de Neipperg! ce que vous me demandez est impossible!... La maréchale Lefebvre ne doit pas savoir ce qui vous amène en France... L’honneur de l’Empereur, la vertu de l’Impératrice, ne peuvent même pas être en cause dans notre entretien...

—Alors vous m’abandonnez!...