—Je vous conseille de partir, de retourner à Vienne... sans chercher à approcher l’Impératrice...
—Je ne pourrai jamais... et cette bague?...
—Confiez-la-moi... je la lui remettrai moi-même, discrètement... je vous le promets!...
Et Catherine tendit la main à Neipperg, qui y déposa un long baiser.
—Oh! merci! merci! murmura-t-il, faites en même temps savoir à l’Impératrice que si je m’éloigne, je serai prêt au premier appel, au premier signal... elle est aujourd’hui au faîte de la puissance, mais qui peut répondre de l’avenir?...
—Je ferai votre commission, comte, mais je crois et j’espère que l’Impératrice n’aura jamais besoin de vous rappeler votre promesse, d’invoquer votre dévouement...
—Qui sait!... madame la duchesse, le sol est miné sous les pas de votre Empereur...
—La mine éclatera sans danger pour lui... la victoire le protège!... Voyez son trône environné de rois à genoux... qui donc oserait franchir cette haie de factionnaires couronnés, montant la garde avec des sceptres!...
—Les rois prosternés se relèveront... ils se vengeront d’avoir été si longtemps l’échine courbée... Je sais bien des choses, ma chère duchesse... la Cour de Vienne a pour moi livré son secret... que votre Empereur prenne garde! L’orage s’amoncelle et le tonnerre va bientôt éclater...
—Si l’orage menaçait le trône impérial, ce n’est pas de Vienne qu’il fondrait, je suppose... Votre empereur est le beau-père du nôtre...