—L’armée! s’écria-t-il, que voulez-vous dire?... Qui a outragé l’armée?

—Vos sœurs, sire, en ma personne!... dit Catherine, se redressant fière, presque hardie, prenant une attitude militaire.

—Je ne vous comprends pas... expliquez-vous!

—Sire, les sœurs de Votre Majesté m’ont reproché d’avoir fait partie de ces héroïques soldats de Sambre-et-Meuse dont la gloire a pu être égalée mais n’a pas été surpassée.

—C’est vrai!... Mais comment étiez-vous de ces braves?

—Vivandière, sire, au 13e léger... J’accompagnais Lefebvre.

—Vous avez fait campagne? demanda l’Empereur subitement radouci et intéressé.

—Oui, sire... Verdun, Jemmapes, Altenkirchen... J’ai servi dans l’armée du Nord... armée de la Moselle... armée du Rhin... armée de Sambre-et-Meuse... Dix-huit campagnes... une citation à l’ordre du jour de l’armée à l’affaire d’Altenkirchen.

—Une citation, vous!... c’est étonnant!

—Action d’éclat, oui, sire... et ce n’était pas commode de se faire remarquer dans ces armées-là... Avec Hoche, Jourdan, Lefebvre, tout le monde était des héros.