—Mais c’est très bien!... c’est très beau! dit l’Empereur souriant. Comment diable Lefebvre ne m’a-t-il jamais raconté tout cela?...

—A quoi bon, sire? il avait de la gloire et des honneurs pour deux... c’est l’occasion qui me fait vous rappeler cela... Sans la circonstance, je n’en aurais jamais parlé... c’est comme ma blessure...

—Vous avez été blessée?...

—Un coup de baïonnette... à Fleurus... là, dans le haut du bras!...

—Voyons!... laissez-moi, madame la maréchale, lui donner le pansement qui convient à ce joli bras...

Et, devenu galant, Napoléon, s’approchant de Catherine, lui prit le bras et appliqua ses lèvres à l’endroit où la baïonnette d’un Autrichien avait laissé sa cicatrice.

Puis, émoustillé, ne songeant plus à gronder, il murmura:

—La jolie peau satinée!... Vous permettez, duchesse?...

—Oh! il n’y a pas d’autre blessure! fit-elle en riant, se dégageant et repoussant les doigts devenus agiles et oseurs de Napoléon séduit, excité, ravi.

Et elle ajouta, avec une malicieuse expression de physionomie: