—Ça ne fait rien, sire, je vous ferai encore crédit!...

—Merci!... Maintenant, venez, il se fait tard... il faut que vous rentriez... Parbleu! voilà onze heures qui sonnent et tout le monde dort au palais... nous devrions être au lit tous les deux... Je vais vous donner Roustan pour vous accompagner...

—Oh! sire, je n’aurai pas peur... D’ailleurs qui pourrait, la nuit, s’introduire dans le palais? dit avec tranquillité la duchesse.

—Non!... par tous ces corridors, déserts et sombres, il vaut mieux que l’on vous escorte avec un flambeau...

Et l’Empereur, élevant légèrement la voix, cria:

—Roustan!

Une porte intérieure s’ouvrit, et le fidèle mameluck parut.

—Tu vas accompagner madame la maréchale jusqu’à ses appartements. C’est à l’autre bout du palais, dit l’Empereur. Prends un flambeau.

Roustan s’inclina et, empoignant un candélabre, entr’ouvrit la porte du cabinet impérial donnant sur une grande galerie.

Il allait se mettre en route, précédant la maréchale, quand, se retournant, avec le calme oriental, mais aussi avec une expression de gravité qui fit frissonner Catherine, Roustan dit: