—Sire, on marche dans la galerie! Un homme en habit blanc... Il se dirige vers l’appartement de l’Impératrice...
[XIV]
LES MAMELUCKS DE NAPOLÉON
Napoléon était devenu terriblement pâle en entendant son fidèle Roustan lui signaler la présence d’un homme dans la galerie conduisant aux appartements de Marie-Louise.
Un habit blanc!... avait dit le mameluck...
Qui donc pouvait, parmi ceux qui portaient l’uniforme autrichien, s’introduire ainsi, la nuit, comme un voleur, dans la partie du palais interdite à tous, sinon cet audacieux écuyer, qui avait poursuivi l’Impératrice de ses assiduités?
Le nom de Neipperg se présenta aussitôt à l’esprit de Napoléon.
Mais il réfléchit et se dit:
—C’est absurde!... Neipperg est à Vienne... je m’alarme à tort... Ah çà! est-ce que je deviendrais fou, de rêver partout de cet autrichien?... Non!... l’habit blanc que signale Roustan, c’est quelque ancien chouan, un complice de Cadoudal, ce marquis de Louvigné, peut-être, que Fouché a laissé échapper... Il s’est glissé dans le palais... il vient pour me surprendre pendant mon sommeil... pour m’assassiner... mais je veille, et c’est lui que je vais tenir!...
Alors, rapidement, avec la promptitude qu’il mettait sur le champ de bataille à disposer ses troupes, il fit signe à Roustan de baisser la lampe et de se placer derrière la porte de sa chambre à coucher, prêt à accourir au premier appel.
Il souffla vivement les bougies éclairant son bureau.