—A nous deux, monsieur, dit Napoléon vivement à Neipperg à qui Catherine avait lancé un regard de pitié, avec un geste désespéré.
—Que faites-vous dans mon palais... la nuit... vous introduisant comme un voleur?... Je vous croyais à Vienne... Comment êtes-vous ici? Répondez, monsieur, fit Napoléon d’une voix étranglée, cherchant à se maîtriser.
Neipperg, très pâle, s’efforçant lui aussi d’être calme, dit lentement:
—Sire, j’ai en effet quitté Vienne.
—Pour quel motif?
—Sur l’ordre de mon souverain...
—Dans quel but?
—Pour remplir une mission confidentielle auprès de S. M. l’Impératrice... ma souveraine aussi.
—Ah!... et c’est la nuit que vous venez en ambassade?... Vous moquez-vous de moi, monsieur l’envoyé extraordinaire!...
—Votre Majesté m’ayant banni de sa présence, l’entrée au grand jour de ce palais m’étant interdite, j’ai dû me résoudre à tenter d’y pénétrer à une heure insolite, je l’avoue...