—Quoi! pas un moyen de lui faire parvenir un avis?... un mot?... lui recommandant la prudence, la prévenant de ce qui se passe...
—Non!... cependant, seul, sous le prétexte de m’assurer que les sentinelles sont bien à leur poste, comme maréchal du palais, je puis m’approcher de la porte de la chambre de Sa Majesté...
—Tu le peux?... Eh bien! dit Catherine radieuse, voilà déjà une planche de salut... Lefebvre, tu vas m’aider?
—A quoi?... je ne comprends pas bien... tu sais, moi, surtout une nuit comme celle-ci, j’ai besoin qu’on m’explique les choses...
—Ecoute-moi alors. Tu vas chercher à te placer le plus près possible de la chambre où l’Impératrice repose.
—Ça, c’est facile.
—Tu feras du bruit de façon à l’éveiller. Tu tâcheras qu’elle reconnaisse ta voix. La présence d’un maréchal à sa porte, la nuit, la mettra en éveil. Elle cherchera à deviner ce que signifie tout cet émoi. Elle s’inquiétera en ne voyant plus auprès d’elle sa dame d’honneur... Tu comprends?
—A peu près... et quand j’aurai fait tout ce bruit, qu’est-ce qui se passera?...
—Tu diras très haut à tes sentinelles: «Veillez bien à ce que personne ne pénètre chez l’Impératrice... saisissez-vous de toute personne qui serait trouvée portant une lettre... fût-ce pour S. M. l’empereur d’Autriche!...» tu crieras le plus fort que tu pourras le nom de l’empereur d’Autriche... c’est entendu?...
—Je ne saisis pas très bien... si tu m’expliquais?...