—Inutile... les minutes sont des secondes et les heures des minutes, dans une circonstance pareille... va et fais vite!...
Et comme Lefebvre s’éloignait, ruminant la mission que lui donnait sa femme, elle lui répéta:
—Crie surtout le plus fort que tu pourras le nom de l’empereur d’Autriche...
Quand Lefebvre se fut dirigé vers la galerie conduisant aux appartements de Marie-Louise, la maréchale chercha des yeux quelqu’un à qui demander conseil.
Elle ne vit que des officiers d’ordonnance et des aides de camp auxquels on ne pouvait adresser une question concernant le prisonnier qu’ils étaient chargés de garder; il ne fallait pas songer à les intéresser au sort de ce malheureux.
A deux reprises, M. de Lauriston était sorti de la chambre de l’Empereur, s’informant si le duc de Rovigo n’était pas arrivé.
—Que fait donc le ministre de la police? comment n’est-il pas déjà accouru?... il ne sait donc pas ce qui se passe!...
—Le ministre de la police actuel ne sait rien... pas même que sa femme le trompe!... dit une petite voix aigrelette et sarcastique.
—Avec vous, monsieur le duc? fit M. de Lauriston.
—C’est bien possible... histoire d’être renseigné sur ce qui se fait chez mon successeur! redit la même petite voix pointue.