—Dites ce moyen!

—S. M. l’Impératrice repose... elle ne sait rien de ce qui se passe dans le palais...

—Rien... le secret, le silence ont été recommandés... des sentinelles ont empêché qui que ce fût de communiquer avec elle ou avec ses femmes.

—Eh bien! sire, faites comme si vous n’aviez rien découvert... laissez madame de Montebello accomplir, sous vos yeux, sa mission, vous verrez bien alors si l’on vous trompait, vous saurez la vérité par vous-même.

—Pardieu! vous avez du sens, madame la duchesse... et je vais sur-le-champ tenter l’expérience que vous m’indiquez. Seulement, ajouta-t-il sévèrement, en serrant très fort le bras de madame de Montebello, prenez garde de me jouer, madame!... pas un mot, pas un geste qui puisse avertir l’Impératrice... Allez!... je vous surveille!...

Sur l’ordre de l’Empereur, la dame d’honneur se dirigea vers la chambre de l’Impératrice, les jambes mollissant sous elle, tous les membres agités d’un tremblement convulsif, car elle ne pouvait savoir que Marie-Louise avait été avertie, par le commandement à haute voix de Lefebvre s’adressant aux sentinelles placées à sa porte, ayant ajouté que toute lettre remise par elle serait interceptée et portée à l’Empereur.

Napoléon, en proie à une fièvre, se tenait debout, dans un coin, la main crispée, serrant le bras d’un fauteuil, écoutant, observant, la tête penchée et les yeux brillant d’une flamme mauvaise...

Madame de Montebello, cependant, avait pénétré dans la chambre de Marie-Louise et, laissant, selon l’ordre de l’Empereur, la porte ouverte, elle dit très distinctement:

—Madame, c’est M. de Neipperg qui m’envoie chercher la réponse que vous devez lui donner... Il est dans l’antichambre... Il attend... que dois-je répondre de votre part?...

L’Impératrice poussa un soupir, comme une personne dont on interrompt le sommeil, étira ses bras, et, prenant sur la table, près de son lit, une lettre cachetée, la remit à madame de Montebello, en disant: