—Voici ma réponse... faites mes amitiés à M. de Neipperg... et laissez-moi, car je tombe de sommeil!...

La dame d’honneur revint vers Napoléon, la lettre à la main.

Celui-ci s’en empara avec avidité, fit sauter le cachet et lut...

La maréchale Lefebvre et madame de Montebello, avec anxiété, observaient le visage de l’Empereur pendant cette lecture.

Elles virent sa physionomie s’éclaircir au fur et à mesure qu’il parcourait l’écriture, puis, tout à coup, il éclata de rire, et, serrant la lettre à deux mains, il la porta à ses lèvres d’un mouvement passionné.

—Cette chère Louise!... murmura-t-il, comme elle m’aime!...

Puis, s’adressant aux deux femmes:

—Vous aviez raison, mesdames... Pas un mot qui puisse alarmer le mari le plus jaloux... rien que de la politique... Ah! l’Impératrice n’est pas toujours de mon avis... mais nous nous expliquerons là-dessus... Un seul mot vise M. de Neipperg: ma chère Louise prie son père de faire choix à l’avenir d’un autre messager, la présence à ma cour du personnage qu’il a désigné ayant fourni matière aux commérages des gazetiers. Ah! duchesse, je suis trop heureux! dit Napoléon avec un accent sincère de joie et, s’approchant de Catherine, il lui pinça l’oreille avec vigueur.

C’était sa pince des heures de triomphe.

—A présent, sire, que vos craintes sont effacées, dit Catherine, se dégageant et se frottant l’oreille, j’espère que vous allez contremander votre cour martiale et renvoyer M. de Neipperg...