—Ces agents m’ont donc obéi, sire... si bien que M. de Neipperg n’est pas du tout mort, comme l’affirmait à Votre Majesté M. le duc de Rovigo, qui n’est pas toujours exactement informé... M. de Neipperg roule vers Soissons, où il arrivera pour déjeuner...

—Tous mes compliments, monsieur le duc d’Otrante, vous êtes un serviteur précieux... vous devinez là où d’autres ne comprennent même pas... Mais dites-moi, vous étiez donc bien sûr que je ferais grâce?

—A peu près sûr... après avoir causé avec madame la duchesse de Dantzig...

—Mais si j’avais persisté... vous laissiez échapper ce prisonnier d’Etat, c’était grave!...

—Sire, j’avais des agents échelonnés, à l’avance, qui l’attendaient à Soissons et me donnaient le temps de le rattraper!...

—Diable d’homme! Il prévoit tout! murmura l’Empereur redevenu d’humeur charmante.

S’avançant vers la maréchale Lefebvre il ajouta gaiement:

—Je crois qu’il est temps, madame la duchesse, que vous alliez retrouver votre mari... moi, je vais réveiller l’Impératrice et l’assurer que sa lettre pour Vienne est partie.

Le maréchal survint alors, venant chercher les ordres.

—L’Empereur a fait grâce, lui cria Catherine, et puis tu sais, il ne veut plus que nous divorcions...