—Qui est-il? dirent plusieurs des assistants, impatients, avides de connaître le vrai chef, l’âme de cette conspiration...
—Ce président sera moi...
—Très bien!... dit le marquis de Louvigné, et votre gouvernement s’intitulera républicain?...
—Quel autre régime le pays pourrait-il supporter? fit Léonidas en regardant avec sévérité le marquis.
L’agent royaliste se tut, craignant d’éveiller les soupçons.
—Nous aurons pour nous le peuple et l’armée, reprit Léonidas. Nous abolirons la conscription. Nous crierons par toute la France: «Plus de droits réunis!» Nous déclarerons à l’Europe la paix. Pas de guerre! Pas de levées d’hommes! Les Français pourront jouir en paix des fruits de leur gloire et des bienfaits de l’alliance avec toutes les nations!... Voilà ce que nous offrons au peuple. Délivré du tyran, il acclamera de nouveau la République et relèvera la statue abattue de la Liberté!...
On applaudit à ce programme et les mains des membres rapprochés du bureau se tendirent vers Léonidas pour le féliciter.
Marcel, qui faisait un peu l’office de directeur des débats, intervint alors:
—Citoyens, vous avez entendu l’exposé si clair, si lumineux, si pratique aussi, du projet conçu par le compagnon Léonidas, avec l’approbation de notre censeur Philopœmen... êtes-vous d’avis de l’adopter?
—Oui! oui!... s’écrièrent plusieurs voix.