Sous son bras, le géant tenait une longue canne.

Napoléon poussa vivement son cheval et apostrophant l’étrange factionnaire:

—Que diable fais-tu là, toi, le tambour-major? dit-il.

Le tambour-major, redressant sa haute taille, prit sa canne, lui fit faire un vertigineux moulinet, la jeta en l’air, la rattrapa au vol et la présentant ensuite, dans l’attitude du soldat en armes devant un général, répondit:

—Sire, j’attends du renfort!

—Eh! mais je te reconnais... Tu es le tambour-major de mes grenadiers... Tu te nommes La Violette?

—Oui, sire, c’est moi-même... en route pour Berlin, comme Votre Majesté l’a ordonné...

—Bien! rassure-toi, nous irons à Berlin, mon brave! La route est ouverte à présent, dit en souriant l’Empereur... Mais, de quels renforts parlais-tu?

—Sire, je ne peux pas emmener à moi tout seul mes prisonniers.

—Tes prisonniers!... Quels prisonniers? dit Napoléon intrigué.