—Oui, des prisonniers que j’ai faits... Ils sont là... dans la grange... J’ai fermé la porte et j’attends...

—Tu as fait des prisonniers, toi?

—Oui, sire... un escadron! Je me trouvais là tout près avec mes tapins... J’ai aperçu des dragons rouges démontés qui s’enfuyaient, je les ai sommés de se rendre... ils m’ont écouté. Ils croyaient probablement que j’avais derrière moi le régiment... ils se sont rendus... alors je les ai enfermés là-dedans. Voilà comment ça s’est passé, sire!

Un des officiers de la suite avait pénétré dans la grange pendant ce colloque. Il vint rendre compte à l’Empereur de la vérité du fait. Soixante dragons rouges, ayant jeté leurs armes, se rendaient à merci, réclamant la vie sauve...

Napoléon, à cheval, se trouvait à peu près à la hauteur du front de La Violette.

—Approche ici, lui dit-il, de son air de bonne humeur...

Et, saisissant l’oreille de La Violette, il la lui tira violemment.

La Violette retint un cri de douleur. Il fallait que l’Empereur fût bigrement content pour pincer si fort...

—Ah! tu te permets, toi, un tambour-major, de faire des prisonniers de guerre... Ah! bien! attends un peu... je vais te payer la rançon...

Et l’Empereur élevant la voix, dit: