Des figures géométriques, des lignes, des échelles, des chiffres, couvraient les marges de ce plan.

Napoléon s’approcha de Lefebvre et lui dit:

—Tu vois là un beau travail... c’est d’un ingénieur du plus grand mérite... le général Chasseloup...

—Ah! oui! dit Lefebvre d’un ton assez indifférent, et il détourna la tête, ne s’intéressant que médiocrement à ces travaux géographiques qui pour lui étaient de l’hébreu.

Napoléon insista:

—C’est le plan de la ville de Dantzig, dit-il... avec l’étude des distances, des hauteurs et des positions tout autour de la place...

—Ah! c’est Dantzig?... parfaitement!... connais pas Dantzig, dit Lefebvre de plus en plus froid et n’attachant aucune importance à ce renseignement fourni par l’Empereur.

Celui-ci, toujours souriant, continua:

—Tu connaîtras bientôt Dantzig, mon vieux Lefebvre... C’est un port de premier ordre sur la Vistule. Tout le commerce du Nord y aboutit... Il y a là des ressources immenses, des approvisionnements inépuisables... pour la campagne que je veux entreprendre dans les plaines de Pologne... car nous allons au-devant des Russes...

—Tant mieux! dit Lefebvre, ça me fera plaisir de taper un peu sur des troupes plus sérieuses que celles du roi de Prusse... Et quand y allons-nous au-devant de ces Russes?...