Rapidement parvenu aux plus hauts grades, l’ancien sergent des gardes-françaises, plus heureux que son camarade Hoche, avait survécu. Nous l’avons vu, au 18 Brumaire, général de division, commandant Paris, et se vouant aveuglément à la fortune de Bonaparte.

Depuis, la faveur du premier consul et de l’empereur ne l’avait pas un seul instant quitté.

En 1804, Napoléon avait restauré l’ancienne dignité abolie des maréchaux de France.

Lefebvre fut l’un des premiers investi de cette dignité supérieure. En même temps il occupait un siège de sénateur.

Ce n’est pas qu’il fût très apte à participer aux délibérations d’une assemblée législative. Mais le Sénat de 1804 n’était guère qu’un corps brillant, décoratif, rassemblant toutes les illustrations de l’empire.

Ce Sénat domestique, et qui semblait faire partie de la maison de l’Empereur, a été fort bien défini par le quatrain satirique, dont s’égayèrent les émigrés et les chouans chez leurs bons amis les Anglais et les Prussiens:

Si l’empereur faisait un pet,

Geoffroy dirait qu’il sent la rose,

Et le Sénat, par un décret,

Vite, enregistrerait la chose.