Et le bon maréchal s’arrachait les cheveux, impatient de l’immobilité où le confinait la lente et minutieuse opération du siège.

Dantzig avait été investie régulièrement. Ce siège mémorable, le seul important des guerres de l’Empire, avait nécessité de longues opérations préliminaires.

Depuis le jour où le maréchal avait quitté Berlin, accompagné d’Henriot, les travaux d’approche avaient été conduits avec une précision admirable et une entente du terrain parfaite.

Avant de battre la place en brèche, on avait cherché à l’isoler. Il s’agissait de la séparer du fort de Weichselmunde qui la couvrait sur la Vistule et de s’emparer du banc de sable le Nehrung qui la reliait à Kœnigsberg.

Le général Schramm, avec environ 3,000 Polonais, soutenu d’un escadron du 19e chasseurs et d’un bataillon du 2e léger, traversa la Vistule et débarqua sur le banc de sable.

Les hommes du 2e léger avaient l’honneur d’être placés en tête de chaque colonne d’attaque.

La garnison de Dantzig fit une sortie énergique. Mais le 2e léger l’arrêta. Tout le petit corps de Schramm, entraîné par l’exemple, s’élança avec ardeur en avant, força l’assiégé à se renfermer dans la ville. On avait ainsi un passage sur la Vistule. Un pont de bateaux fut aussitôt bâti, et les avant-postes français s’établirent jusque sous les glacis du fort de Weichselmunde.

Deux autres sorties eurent lieu par la suite et furent victorieusement repoussées.

Le général Chasseloup, qui avait toute la confiance de Napoléon, poursuivait avec ténacité l’investissement, au grand désespoir de Lefebvre qui s’informait impatiemment du jour où il pourrait monter à l’assaut.

L’hiver était rude, mais, grâce aux soins pris par le maréchal, les soldats ne manquaient de rien dans leurs baraquements.