—Pas avant?... Pourquoi?...

—Parce qu’il nous faut d’abord tenter une fausse attaque sur cet ouvrage de droite, le Bischofsberg...

—Bon! et après la fausse attaque?

—Vous en ordonnerez une véritable, monsieur le maréchal.

—De quel côté?...

—Ici... à gauche... cette redoute se nomme le Hagelsberg.

—Va pour le Hagelsberg!... Qu’on se batte à droite ou à gauche, cela m’est égal à moi, pourvu qu’on se batte!

—On se battra, monsieur le maréchal, vous pouvez en être certain! dit avec sa ferme placidité le général Chasseloup.

—Le plus tôt sera le meilleur... Mais pourquoi se battrait-on de ce côté, plutôt qu’à droite?

—Voici pourquoi. Contrairement à l’opinion de mon collègue le général Kirgener, j’ai choisi l’ouvrage de gauche, reprit Chasseloup... Il est étroit et ne peut permettre à l’assiégé de déployer ses troupes. Les sorties ne pourront donc se faire qu’en colonnes profondes... Il se trouve susceptible d’être battu de revers par nos positions... On y arrive par un terrain qui monte insensiblement. Au contraire, le Bischofsberg est protégé par un ravin très creux.