—Oui... avec des cornichons, s’il y en a, dit la maréchale tendant son assiette.

—Les cornichons, inconnus dans ce cochon de pays... Mais il y a des choux aigres... tiens! en voici...

—Oh! que c’est sûret... à boire, Lefebvre!...

—Du vin de l’archevêque?...

—Oui... nous le boirons à la santé de l’Empereur, dit la maréchale, la bouche pleine, levant son verre avec gaieté.

Tous deux, avant de boire, trinquèrent à la vieille mode française.

—Quoi de nouveau à Paris, à la cour? demanda Lefebvre en découpant le poulet que venait de servir le valet de chambre.

—Nous avons eu beaucoup de fêtes. L’Empereur a ordonné qu’on s’amusât cet hiver. Il ne voulait pas que son absence privât Paris et la cour des réjouissances accoutumées. Il y a eu un quadrille d’honneur, dont j’ai fait partie...

—Toi, ma femme!... Tu as dansé avec les princesses?...

—Est-ce que ce n’est pas nous à présent les princesses?... Oui, mon petit, l’Impératrice m’a fait l’honneur de m’engager... Nous étions seize dames, habillées, par quatre, de couleurs différentes: il y avait le quadrille blanc, le vert, le rouge et le bleu. Les dames blanches avaient des diamants, les rouges des rubis, les vertes des émeraudes; moi, j’étais du quadrille bleu, je portais des turquoises et des saphirs...