—Non! la redoute heureusement est solidement gardée, et d’ici longtemps les assiégés ne recommenceront pas l’aventure d’hier; mais il arrive un malheur qui te touchera comme moi, ma bonne Catherine...

—Oh! mon Dieu!... que s’est-il passé? parle vite!... tu me fais mourir d’angoisse...

—Henriot... notre cher Henriot, que nous avons élevé comme un enfant, que tu aimes et que j’aime comme un fils respectueux et bon...

—Il est mort? dit d’une voix sourde la maréchale, et des larmes roulèrent dans ses yeux.

—Rassure-toi... il est...

—Eh bien!... quoi alors?... il est blessé?...

—Non, prisonnier!

Catherine eut un gros soupir de soulagement. Ses larmes se séchèrent. Son œil brilla presque.

—Ah! c’est fâcheux, dit-elle d’une voix tranquille, mais je craignais un pire malheur... tu m’effrayais, ami!... Prisonnier de guerre, ce n’est pas dangereux... tu l’échangeras à la première occasion... tu en as assez fait, hier seulement, des prisonniers prussiens!...

Lefebvre demeurait sombre. Il répondit d’une voix grave: