—Aussitôt que j’ai su qu’Henriot avait été fait prisonnier, j’ai envoyé un parlementaire, offrant au maréchal Kalkreuth de lui donner en échange deux officiers et dix soldats capturés la veille.

—Henriot valait bien cela! et il a accepté tout de suite, ce Prussien?...

—Il a refusé.

—Est-ce possible?... et la raison?...

—Notre Henriot n’est pas considéré par eux comme prisonnier de guerre.

—Qu’est-ce qu’il est donc, alors?...

—Un espion, surpris sous un déguisement, s’introduisant dans la ville!... dit Lefebvre avec une émotion croissante.

—Henriot un espion!... allons donc!... un brave soldat comme lui n’espionne pas... il se bat, ainsi que toi, Lefebvre, en regardant l’ennemi en face, le sabre à la main et son uniforme bien au clair... ton maréchal Kalkreuth radote; c’est un vieux fou... n’y a-t-il donc personne de sérieux autour de lui?...

—Malheureusement, femme, les apparences sont contre Henriot... Quand il a été arrêté dans les rues de Dantzig, cette nuit, après l’affaire de la redoute où il s’était si vaillamment comporté, il n’était pas revêtu de notre uniforme... il était habillé en officier autrichien...

—En Autrichien, lui?... Mais il n’y a pas d’Autrichien à Dantzig... On ne se bat pas avec l’Autriche...