—C’est précisément pour cette raison qu’il avait pris le costume d’officier de l’empereur d’Autriche...
—Mais quelle idée?... dans quel but?... explique-toi...
—Comme toi, j’ai éprouvé une grande surprise quand j’ai su de quelle façon il s’était introduit dans la ville que nous assiégeons... La Violette, que j’ai sévèrement grondé de ne pas l’avoir empêché de faire cette folie, sait comment Henriot s’est déguisé, pourquoi il a endossé ce costume ne lui appartenant pas et qui le fait aujourd’hui passer, lui, un brave et loyal officier français, pour un misérable espion...
—Et que t’a raconté La Violette?...
—Une étrange histoire...
—Il y a de l’amour là-dessous! dit vivement la maréchale.
—Oui... c’est une histoire d’amour, tu l’as dit...
—Henriot est jeune, galant, digne d’inspirer l’amour, capable de le faire naître... Quoi qu’il ait fait, d’avance je l’absous!...
—Voilà bien les femmes! dit Lefebvre avec un haussement d’épaules; elles voient partout des héros de roman et ne manquent jamais de les trouver admirables, surtout quand ils font des sottises...
—Quelles sottises?...