Napoléon avait ôté sa traditionnelle redingote et changé son petit chapeau. Il avait revêtu le manteau et coiffé le shapska d'un lancier polonais.
Ainsi déguisé, par crainte des coureurs ennemis pouvant le reconnaître et s'acharner sur lui, il traversa la plaine, sa lunette à la main.
Il semblait prendre ainsi possession paisible de l'empire des czars.
Une barque montée par des sapeurs escortait l'esquif impérial.
Les sapeurs débarquent. Au loin, une petite troupe à cheval galope dans la plaine.
C'est une patrouille cosaque. L'officier s'avance et demande en allemand:
—Qui êtes-vous?
—Sapeurs du général Eblé! répond le lieutenant.
—Pourquoi venez-vous en Russie? demande alors en français l'officier cosaque.
—Pour vous faire la guerre!