—Je veux être revenu demain dans la matinée, dit-il. Il peut se passer à Paris des événements graves et je dois être à mon poste, à l'état-major, demain...

—Soit, mettons-nous en route, mon colonel... je sais où trouver des chevaux... rue du Bouloi... à deux pas d'ici... Mais, c'est égal, je ne comptais pas, en venant au Palais-Royal, passer la nuit à cheval sur les routes! dit La Violette en hochant la tête.

—Tu reviendras... le Palais-Royal est encore là, demain et après...

—C'est possible... mais mon voleur pincé, je pensais retrouver des amis... des anciens... j'en ai aperçu en passant... et l'on aurait festoyé quelque peu... ça ne m'arrive pas si souvent, la maréchale n'aime pas qu'on se dérange!...

—La Violette, je te ferai avoir huit jours de congé, que tu passeras si tu le veux au Palais-Royal, mais quand j'aurai revu Alice et qu'elle m'aura pardonné!... Il faut que tu viennes avec moi à Combault, ne serait-ce que comme témoin de ce que tu as entendu...

—C'est compris, mon colonel. Allons chercher nos montures... Ah! et ce paillasse-là, qu'est-ce que nous en faisons?...

—Tu vas voir!... Tenez! dit Henriot sortant deux napoléons de sa bourse, voilà pour boire à ma santé...

—Vive Votre Honneur! cria Sam enthousiasmé.

—Attends!... tu en auras deux autres si tu rends à ce brave soldat la croix d'honneur que tu lui as volée...

—Je sais où elle est... Le brocanteur qui me l'a achetée ne l'a pas encore vendue... Où faudra-t-il la remettre?