Malet s'était écrié, au cours de l'interrogatoire de Soulier:
—J'ai pris tous les moyens pour prouver que j'agissais d'après des ordres supérieurs; je crois que Soulier devait obéir comme il l'a fait. C'est moi qui ai mis M. le commandant dans l'erreur, j'ai usé pour cela de tous mes soins, comme ma déposition le constate.
Il eut au cours de son interrogatoire une réponse mémorable.
—Ces officiers sont innocents, dit-il; à leurs yeux j'obéissais à des ordres supérieurs, ils ont dû exécuter les miens.
—Quels étaient donc vos complices, dans cela? demanda imprudemment le président.
—La France entière! vous-même, monsieur, vous tous, mes juges, si j'avais réussi!
A l'unanimité furent condamnés, comme coupables de crime contre la sûreté de l'État, d'attentat dont le but était de détruire le gouvernement et l'ordre de successibilité au trône, et d'excitation aux citoyens, aux habitants à s'armer, à la peine de mort et à la confiscation des biens: Malet, Lahorie, Guidal, généraux; Soulier, chef de bataillon; Steenhover, Piquerel, Borderieux, capitaines; Lepars, Fessart, Régnier, Bleumont, lieutenants; Lefèvre, sous-lieutenant; Rateau, caporal.
A la majorité de six voix contre une, Rabbe, colonel, à la même peine.
A la majorité de cinq voix contre deux, Bocchéiampe, à la même peine.
Furent acquittés: Girard, Rouff, capitaines; Lebas, Prevost, lieutenants; Gomont, dit Saint-Charles, sous-lieutenant; Viallavieilhe, Caron, Limozin, adjudants sous-officiers; Dulin et Caumette, sergents-majors.