Le jeune Napoléon ne dit rien. Ses yeux se remplirent de larmes. Il attendit, immobile, madame de Montesquiou, qu'il avait devancée dans sa course. Quand la gouvernante arriva, il lui saisit la main et dit à l'huissier:

—Ouvrez, maintenant! le petit roi le veut!...

Alors l'huissier, s'inclinant, ouvrit la porte à deux battants et annonça:

—Sa Majesté le roi de Rome!...

Il entra, tout impressionné, dans le cabinet impérial et courut se jeter dans les bras de son père.

Le conseil finissait. Il y avait là tous les ministres.

Napoléon, bien qu'ému à l'approche de son fils, se contint, prit un air sévère et dit:

—Vous n'avez pas salué, Sire!... Allons! saluez ces messieurs!... Les Français ne voudraient jamais de vous pour leur empereur si vous manquiez de politesse!...

L'enfant rougit, s'arrêta, et de sa petite main envoya un gracieux baiser aux ministres.

L'Empereur, dont le sourire remplaça la sévérité apparente, prit alors le petit roi dans ses bras et dit à ses ministres: