—Hum! petite noblesse, toute petite... Est-elle jolie au moins, la fiancée?
—Charmante!... Sa Majesté, qui vient de l'entrevoir, à l'instant même, dans son cabinet, ne la quittait pas des yeux... Je ne voudrais pas, à mon tour, calomnier Sa Majesté, mais il me semble que les beaux yeux de la fiancée ont été pour quelque chose, pour beaucoup peut-être, dans la précieuse décision de l'Empereur.
Maubreuil avait la pensée prompte. C'était un gaillard de coups de main et coups de tête également rapides.
—J'irai à ce mariage, dit-il brusquement... je compte sur vous, excellente amie, pour me faciliter les présentations...
—Venez donc, dit avec bonne humeur madame de Montesquiou, je suis bien heureuse de vous avoir décidé... un jour de fête, les souverains ont l'âme généreuse: peut-être rentrerez-vous en grâce auprès de l'Empereur... après tout, votre crime n'était-il pas bien grand?...
—Napoléon ignore ce que j'ai fait, ou du moins ce qu'on a pu me reprocher à la cour de Westphalie.
—Alors, tout est pour le mieux, rendez-vous donc à Combault... et si vous n'avez pas de honte à donner le bras à une douairière telle que moi, je vous ferai visiter toutes les agréables choses que renferme ce domaine...
—J'irai, je vous le promets, et nous ferons des promenades sentimentales... comme autrefois!...
—Voulez-vous bien vous taire, vilain moqueur! dit en riant madame de Montesquiou... Allons! à Combault!... je compte sur vous... Adieu! il faut que j'aille retrouver mon petit roi...
Et maman Quiou, rajeunie par le souvenir des galanteries discrètes de jadis, enchantée de sa rencontre avec Maubreuil pour lequel elle avait conservé une affection quasi-maternelle,—toujours les sacripants ont été adorés des femmes vertueuses,—remonta joyeuse, légère comme à trente ans, l'escalier des Tuileries.