Accrochée, une robe de toile, à petits bouquets fanés, pendait auprès d'un jupon court, surmontée d'un bonnet à barbes de dentelles.
—Mon costume de blanchisseuse, celui que je portais quand je connus Lefebvre, dit avec simplicité la maréchale. Ah! c'était l'époque où l'on prenait les Tuileries d'assaut, où l'on chassait les tyrans!
—Et où tu me faisais sauver la vie à un chevalier du poignard! ajouta Lefebvre à mi-voix.
—Chut! dit Catherine montrant Henriot, tu sais bien qu'on ne doit parler ni ici, ni chez l'Empereur, de celui qui n'est plus pour nous qu'un ami, mort depuis longtemps... Ah! reprit-elle à haute voix, en ouvrant la seconde armoire, voici mon uniforme de cantinière, celui que je portais à Verdun, à Fleurus... Tenez, regardez la déchirure produite par la baïonnette d'un Autrichien...
Tous les invités s'approchèrent et contemplèrent avec une curiosité respectueuse le costume qui évoquait tant de combats passés, la blessure de Catherine et la gloire de son mari.
—Cette troisième armoire, continua Catherine, poursuivant le voyage à travers son passé, contient ma belle robe de maréchale, lorsque je fus au camp de Boulogne où Lefebvre reçut de la main de l'Empereur la plaque de grand-aigle de la Légion d'honneur...
On fit quelques pas.
—Passons à d'autres vêtements qui rappellent de grands souvenirs, dit-elle... Voici ma robe de sacre... mon manteau de cour, pour ma présentation à l'Impératrice..., ma pelisse de voyage lorsque j'allai retrouver Lefebvre à Dantzig!...
Elle énumérait ainsi successivement tous ses costumes qu'elle avait conservés pieusement, en ouvrant successivement les placards où ces témoins de sa vie avaient été alignés et rangés.
Arrivant enfin à une dernière armoire, Catherine dit en souriant: